14.07.2008

JOUR 477

Court détour familial, nous fêtons les 86 ans du grand père autour d'une très grande table, dans la très grande propriété viticole de mon oncle. Le temps s'est arrêté quelques heures, je souris. Je ne vais pas échapper aux questions traditionnelles, d'autant plus après l'annonce officielle de grossesse de la cousine qui me précède dans la lignée. Je ris aux "c'est toi la prochaine alors", et aux, mais "toujours personne à nous présenter", en me re-servant un verre de St-Emilion.

Je bronze à moitié nue dans le jardin, attendant calmement le jour du départ, l'enregistrement des bagages, le décollage. Je découvre à nouveau le plaisir de ne rien faire, en attendant de ne rien faire encore.

Départ demain.

11.07.2008

JOUR 476

Il fallait exagérer une dernière fois, avant de partir. Avant de grimper dans un train pour 3 jours dans le sud, tout juste avant de m'envoler vers mon île paradisiaque. Ni elle ni moi n'avions envie de supporter les mondanités, les connards et les verres offerts. Il suffisait simplement d'être deux, de boire trop de vin au restaurant, et immédiatement de courrir récupérer deux rue plus loin, un dernier gramme de coke. Nous avons même préféré le calme de cet appartement, deux jeunes connes en culotte assise sur le lit, une autre bouteille de vin, et les traces qui s'enchainent. Ca fume, ca boit, ça danse à moitié nue dans un coin du 9ème arrondissement. Ca oublierait presque que le monde existe, que nous ne sommes que des esclaves, et la mort revient souvent, au coeur de nos conversations nombrilistes et animées par une substance... Encore une.

Et puis, j'avais oublié c'est vrai, que ce genre de choses pouvaient arriver. Pas les saignements de nez auxquels j'ai été trop souvent habituée, pas la paranoïa. Non, l'empoisonnement. Le banal et tragique empoisonnement. La mauvaise marchandise. L'erreur de débutant. Le seul avantage eut été d'être deux. Nos coeurs ont commencé à s'emballer vraiment trop, nous nous sommes succédées aux toilettes, courbées, douloureuses, tentant de vomir sans y arriver pour la plupart du temps. Il a été impossible de calmer nos respirations avant très tard dans la  nuit. Il a été douloureux de penser un instant à l'arrêt brutal d'un de nos deux coeurs. Mais il a fallu éviter de se le dire. Tenter de se rassurer, avaler un lexo, et attendre, toutes les deux recroquevillées sur le lit. En y repensant ce matin, le ridicule de la scène m'a fait presque sourire.

Nous payons parfois oui, nos caprices enfantins.

08.07.2008

JOUR 475

Paris sous la pluie, je me dore le cul en cabine uv pendant ma pause déjeuner. Oenobiol, hydratants, boissons drainantes, tout y passe. Tout cela sert avant tout à m'occuper, à faire passer plus vite ce temps trop long. Mon impatience déborde de mes sacs à main. Ne pas trop consommer, dépenser. L'ennui a cette faculté chez moi, de me voir dépasser trop de limites.

Je trépigne donc de jour en jour, trie et retrie mes maillots de bain, remplis mon agenda des derniers diners, des derniers verres. J'utilise aussi quelques réseaux pour préparer mon voyage, un numero de portable de banquier local, quelques bonnes adresses, des tonnes de recommandations.

Je suis déjà partie au fond...plus rien ne compte. Plus rien sauf ce cul à faire dorer au maximum.

07.07.2008

JOUR 474

Les dernières journées au bureau sont aussi longues qu'ennuyeuses. J'ai perdu le goût de l'action, des longues conferences call, et de l'expresso capsules. Je passe du temps sur internet, du temps à fumer des cigarettes sur le patio, du temps à ne rien faire ou à faire semblant de faire. Dans un dimanche soir de descente, j'ai rappelé GB, déjà bouleversé de m'avoir revue deux jours auparavant, à peine remis de ma robe courte Antik Batik et de mes jambes nues légèrement huilées. J'ai eu la faiblesse de lui dire qu'une nuit dans ses bras m'aurait plu. La faiblesse d'entrer dans un jeu bien malsain, sans doute juste parceque ma descente était trop douloureuse.

J'ai regretté un peu ce matin, entre mon café de 10h30 et ma cigarette de 11h.

06.07.2008

JOUR 473

Cela doit être un de mes problèmes: cette envie de les avoir à mes pieds, les uns et les autres. Je fréquente ainsi de plus en plus le meilleur ami de S: "C". Grand brun de 32 ans, pas spécialement doué dans ses conquêtes amoureuses, ce qui a le dont de surprendre tout le monde; il est plutôt joli garçon et particulièrement "gentil". N'allons pas chercher plus loin, nous avons là son principal handicap.

Par vice ou pas, je trimballe C dans mes aventures du samedi à travers cette gigantesque soirée en jardin, de groupe en groupe, de drogue en drogue. Plusieurs fois les regards vont se demander s'il est le nouveau sur la liste, si je suis capable d'aller jusque là. Je suis capable de beaucoup, je crois.

Je ne bougerai pas d'un cm.

J'ai bien trop à faire, à user des derniers excès pour anéantir ce corps, pour n'être plus qu'une chose sans vie lorsqu'enfin arrivera la plage, le repos et la solitude.

Un compte à rebours dangereux.

Tout ce que j'aime.

02.07.2008

JOUR 472

J"ai réservé l'hôtel 5 étoiles, ma suite de 60 m2 face à la mer, le reste ne sera que spa, bronzage, lecture et mojitos tardifs. Le 15 juillet, partir seule, pour de bon.

En attendant, j'occupe mes dernières soirées en écumant les événements et les vernissages, quelques merveilleux sushis et le champagne gratuit...Peu à peu tout cela tourne du normal au gerbant, presque naturellement, et à répétition. En quelques semaines, je suis devenue presque officiellement la "préférée" du boss, et voilà que celui ci m'invite à déjeuner trop souvent, me promets monts et merveilles, en s'assurant de me faire entendre un maximum de mauvaises impressions sur mes collaborateurs et collaboratrices. Celle-ci ne sait pas se vêtir, celui-ci ne sait plus se comporter en soirée depuis qu'il a deux gosses, celle-ci n'est pas assez rock'n'roll, ou n'est pas assez investie. Je suis devenue celle à qui il offre le plus de coke et celle qui s'entend dire le fameux "je peux te parler seule à seule un instant?"...Le voilà presque amical et nauséabond. Presque trop tendre pour être honnête.

Je joue le jeu et bénéficie de quelques avantages sans mot dire, mais surtout je serai la première à "avoir besoin de repos", et ainsi à pouvoir partir en vacances plus tôt que tous les autres.

Tout cela se profile finalement plutôt bien.

JOUR 471

Sortie de bureau, je rejoins ML pour un verre, et surtout pour lui demander gentilment les quelques 1000 euros qu'il me doit. S est déjà avec lui, sacrément amoché par un malheureux accident de scooter. Je ne parle pas trop de mon voyage tout proche à l'île maurice, ni de ma suite de 60 m2 face à la mer. ML va trouver quelques prétextes pour me "rappeler demain", parcequ'il doit "vérifier avec sa banque", "parceque tu comprends, j'ai eu quelques problèmes avec l'URSSAF ces derniers temps"....

Je continue la soirée sérieusement contrariée, entre un S franchement déprimant et son amie ex-mannequin de 36 ans, si abîmée par les excès qu'on peine à croire qu'elle l'ait été un jour. Elle est très grande et très maigre, une peau de quadra, un oeil profondément triste et une petite fille parfaitement splendide de 7 ans est accrochée à sa cuisse. La gamine semble trop belle et trop vive pour évoluer dans un tel foutoir. La mère aborde trop souvent la drogue comme sujet de conversation à table, et finalement, tout s'explique un peu lorsque son compagnon nous rejoint. Drogué jusqu'à l'os, il va nous épuiser avec ses aller-retours incessants aux toilettes, avec ses rires forcés et gras, et avec ses tentatives horribles d'amuser la gamine qui, du haut de ses 7 ans, semble tristement tout comprendre à ce manège.

Dans la voiture qui nous raccompagne, la petite est assise à côté de moi. Je vais être impressionnée par sa beauté absolument parfaite, et par son language trop adulte, par cette peau sublime, ses questions pertinentes, la dûreté de ses expressions. Cette petite vit entourée de grands qui ne la méritent pas.

Ce diner m'a laissé un goût étrange dans la bouche.

30.06.2008

JOUR 470

Je retrouve mon appartement et son calme, les toits de Paris, deux dvd's. L'île Maurice semble se préciser pour un départ le 15 juillet. Je plonge dans le noir, mac allumé, et souffle longuement. Mon corps retrouve quelques couleurs et son apparence normale, je n'ai plus de douleurs du tout, plus de problèmes à ne pas porter de soutien-gorge, plus de souci à me toucher ni à me voir. Je fume mes marlboros presque à la chaîne, écoute et ré-écoute quelques tracks sur mon ipod. Je flotte en fait, dans ce nuage opaque et agréable.

Je suis cette poupée qu'on a désactivée. J'ai appuyé moi-même sur pause. Je pense alors beaucoup, aux dernières années, à tout ce qui a pu se passer, et si peu en même temps. J'ai moi-même fabriqué cette existence étouffante, cet environnement nauséabond, pour ne pas avoir quelque temps que ce soit pour avoir peur. Je n'ai d'ailleurs presque plus peur.

J'attends.

JOUR 469

J'ai mis les pieds quelques heures dans cette soirée de cloture de Fashion Week. Trop fatiguée pour m'y amuser vraiment, mais trop faible pour rester chez moi seule. Encore une fois, le concours des looks les plus extravagants, le concours de mannequins les plus défoncées, le concours des narines les plus chargées.

J'y ai bu 3 coupes de champagne gratuites avant de rentrer chez moi. Je ne suis pas passée loin des larmes du dimanche soir, pas loin non. Le sommeil a gagné.

 

 

29.06.2008

JOUR 468

Dimanche soir vers 20h, je repasse par l'hotel pour récupérer mes deux robes sur ceintre, mon mac, mes 3 paires de chaussures à talons et quelques dossiers. Je recroise cette star pour la 10ème fois en une semaine, il me propose un verre, j'accepte.

J'avale ce cocktail en 2 minutes et lui de remarquer ma nervosité, très vite. Je n'ai pas arrêté de courir depuis 4 jours, les soirées de la fashion week, les chauffeurs à rappeler, les diners où de toute façon, je n'avale plus rien. Les deux derniers jours, je prends suffisamment de coke pour tenir.

J'ai également accepté l'hospitalité d'un sex friend le samedi soir, accepté qu'il me fasse à manger, qu'il croit au début de je ne sais quoi, et me suis sentie obligatoirement un peu gênée lorsqu'il a fallu partir et lui administrer la fameuse bise sur la joue, celle qui conclut cette nuit de sexe. Interrompre au plus vite, je n'ai envie de personne plus longtemps.

De retour chez moi, les restes de substances me mettent dans cet état désagréable, je ne tiens pas en place...

Il n'est pas impossible que j'aille dignement terminer cette semaine de folie dans je ne sais quel évènement.