26.01.2010
JOUR 608
A quoi ressemble ma vie maintenant?
Oh, une plaisanterie de plus, probablement. Nous nous préparons à déménager dans un appartement plus grand. Je suis de plus en plus inquiète pour les miens, pour moi. La mort a frappé. Plusieurs fois. Je m'habitue à l'idée de vieillir en ayant peur. Tout le temps.
J'apprends à devenir comme vous. A devenir raisonnable de temps en temps, à ne pas tout brûler ou tout détruire. Etre humaine ne me réussit qu'aux yeux des autres.
Je me déculpabilise à grand coups de générosité, comme tout le monde. Peut-être faudra-t-il adopter, se lancer dans l'humanitaire, ou donner aux Restaux du Coeur pour oublier l'immensité de ma connerie. Oublier la petite conne perchée sur Louboutins et incapable de renoncer à une trace de coke.
Peut-être faudra-t-il finir par donner la vie, pour enfin s'inquiéter pour quelqu'un d'autre que pour soi-même.
A ce moment là, il faudra disparaitre.
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08.12.2009
JOUR 607
25 ans et un jour.
Le bonheur, assez simple.
12:43 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.11.2009
JOUR 606
L'impatience.
Voilà ce qui me bouffe. Ca ne va jamais assez vite, tout est trop lent, trop mou, il m'en faut plus. Il me faut les escarpins à 400 euros, mais la semaine suivante les mêmes, en une autre couleur.
Une envie pour en remplacer une autre, cet instinct à la surconsommation, mais si l'appartement ne suffit plus c'est une terrasse qu'il me faut, plus grand, plus vite, plus fort. Je m'épuise et j'épuise les miens, car je n'en ai jamais assez.
Le week-end à New-York mais aussi à Londres, le mois d'après.
J'ai ce besoin étrange de me projeter, d'avoir des envies pour me tenir debout, me lever même. La peur du vide est toujours là.
Transposée dans une vie d'adulte, tout cela vire parfois au ridicule. Je suis triste et je pleure parfois, victime de mes propres frustrations. J'aimerais trouver ce temps où enfin, je serai rassasiée. Où tout "roulera". Quand je ne serai plus obsessionnelle jusqu'à en souffrir, parfois terriblement.
Aujourd'hui je n'ai envie de voir personne, et si il le faut, il me faudra quelques verres pour encaisser ma confrontation à vous autres. Je ne serai bien que ivre.
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28.10.2009
JOUR 605
Les autres aussi se sont petit à petit habitués à m'entendre dire plus souvent "nous" que "je", même si je vois clair dans leur retenue, une surprise, un dégoût, peu d'illusions.
Ainsi, NOUS avons arrêté de fumer depuis plus de 2 semaines. Nous partons à l'étranger en week-end. Nous nous disputons souvent lorsque j'ai bu. Chez G, pour un apéritif un poil trop mondain, je lis dans leurs regards, un soupçon d'ironie.
Je m'en fous presque lorsque je traverse la ville pour diner tard. Je me sens bien ici et dans cette certitude absolument égoïste que si l'un de nous deux doit quitter l'autre, ce sera forcément moi.
11:37 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.10.2009
JOUR 604
Le temps passe et tout le monde s'exclame l'insupportable "t'as changé toi" avec, vous savez, ce rire gras et énervant.
J'ai effectivement changé, et lorsque je vous retrouve, moites et toujours aussi ivres, quand il faut faire semblant de vous considérer et d'avoir quelquechose à secouer de vos avis et de vos occupations branchées et répétitives, c'est la nausée qui me vient. La même qu'avant.
Le problème c'est que je n'ai plus envie de me mélanger, je n'ai plus envie de faire l'effort. Parfois je suis ivre, beaucoup plus vite qu'avant cela va de soi...et la trop facile tentation du rail de coke...enfin, vous savez bien.
Lorsqu'il m'arrive de revenir, par obligation, je réalise à quel point vous ne m'avez pas manqué. Je n'ai jamais été qu'un fantôme de plus. Je me suis épuisée dans les nuits et j'ai déjà presque tout oublié.
Au final, je suis comme vous tous. J'ai déplacé mes nevroses ailleurs. Je dépense toujours autant d'argent et il faut bien que la vie passe. Alors le travail, la surconsommation et l'hyperactivité font le reste. Je fais des projets qui coûtent tous plus cher les uns que les autres. Je fais des "projets d'avenir".
Je ne fume plus depuis bientôt deux semaines.
17:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.10.2009
JOUR 603
Grippée, c'est donc une nouveauté que cette immobilité solitaire, le calme. Des longs bains et même si la fièvre est intense et la sensation désagréable, je dois vous l'avouer, j'ai plutôt apprécié.
Je retrouve malgré tout mon bureau et mon hyperactivité maladive plus vite que prévu. J'apprends à vivre en étant un peu plus sereine. La belle affaire.
J'aimerais avoir une semaine entière pour moi. Une vraie semaine de solitude cette fois.
Pleine et indiscutable.
11:11 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.09.2009
JOUR 602
La fatigue me submerge pour faire place rapidement à cette tristesse intense et accablante.
Je me traîne dans un emploi du temps tout à fait ingérable. J'arrive presque à accepter le fait de ne pas être assez forte, de ne pas pouvoir tout gérer, de ne pas pouvoir répondre à tous les mails et gérer tous les dossiers en cours. Je l'ai bien cherché, après tout.
Mon quotidien ne manque de rien. J'ai à peu près tout ce que je veux de la dernière fringue de luxe au mec aimant sans condition. Je manque juste d'air. De temps. L'impression de passer à côté de ma vie parfois. Mon hyperactivité et ses limites.
Alors je paye peut être le prix fort. Le surmenage comme ils disent.
A est l'homme le plus heureux du monde et j'ai aussi changé, c'est vrai, un peu pour lui. Ma vie sans père y est probablement pour quelquechose et je vous laisserai m'expliquer autour d'un verre vos théories sur l'Oedipe et tout ce qui s'en suit. En attendant je ferai semblant de ne rien entendre comme je l'ai si souvent fait.
15:14 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.09.2009
JOUR 601
A 16h30 c'était plié.
Quelquepart dans le fin fond du Limousin, dans un coin dont la plupart de l'univers ignore l'existence, ils ont refermé le caveau froidement après un délicieux "bon alors, on le met de quel côté? parcequ'il reste 3 places là".
C'était mon premier enterrement en fait. On pratique volontiers l'incinération par chez moi. Pour mon père, mon grand-père maternel, les flammes étaient là. Quelquechose de violent et inaudible. Quelquechose de définitif et immédiat.
Et puis vers 16h, le brouillard épais qui ne nous avait pas quitté depuis le départ de l'hopital, la chapelle et tout le reste, s'est d'un seul coup engorgé d'une lumière blanche et puissante. C'était magnifique, je vous le dis. Le brouillard s'est fait éblouissant, j'ai dû remettre mes lunettes de soleil pour reprendre la route. Conduire. Longtemps.
Finalement la mort n'a de triste que notre propre projection. L'inadmissible face à face. Nous avons pleuré en coeur là où nous détestons la plupart du temps. Pour la simple et bonne raison que nous avons tous peur.
Il me manquera beaucoup.
10:24 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.09.2009
JOUR 600
Le week-end a été dûr. Je n'ai pas rappelé tout le monde.
Mon face à face avec la mort, une véritable douleur. Dans le TGV de 17h30 j'ai pleuré face à un beau garçon de 25 ans. Son regard, ses tentatives de conversation merdiques.
Je suis rentrée presque soulagée. Je suis rentrée chez mon mec de 37 ans. Dans "notre" appartement parisien, j'ai versé les dernières larmes. Ma routine m'est alors apparue agréable. Et je suis finalement capable de m'en contenter.
Le voir mourrir a transformé la tristesse en suite insupportable de flashbacks. J'ai tout revêcu à 150 km/h, tout, même ce que j'avais oublié. Alors j'ai prolongé les nuits. Comme avant. Un week-end pour tout foutre en l'air. Tout tenter pour réveiller ce qui existait avant en moi...mais rien ne s'est passé. J'ai même été dégoutée de moi-même. De mes égoïsmes, de tout ce que j'ai pu faire et penser.
Les sauts dans le passé ne fonctionnent plus.
Il va falloir apprendre à vivre au présent.
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27.08.2009
JOUR 599
Le ciel gris a repris le dessus. A me fatigue parfois, mais c'est comme une douce fatalité maintenant. Je ne m'inflige rien de bien douloureux.
Mon emploi du temps est à nouveau indécent, mes dépenses également. Je cours entre deux rdv, je cours à la pause dejeuner et saute des repas pour avoir le temps de dépenser, encore et encore, combler tous les manques par une belle paire de bottes ou un oenième trench. Tout sonne transition mais tout dure. Je n'aurai peut-être jamais le courage de tout lâcher.
Ce blog aura 3 ans dans quelques jours. Je n'ai plus le même entrain à l'écriture...plus vraiment la force pour la plume sarcastique et le ton blasé.
Je suis devenue banale, et je l'ai finalement, toujours été.
J'aurai 25 ans dans quelques mois. Il restera encore un peu de temps pour tout changer.
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